Qu’est-ce que la Street Food Italienne (Cibo di Strada) ?
En Italie, on ne parle pas de « fast-food » mais de cibo di strada, littéralement la « nourriture de la rue ». Derrière l’expression se cache une tradition très ancienne : celle des marchands ambulants, des friggitorie napolitaines, des comptoirs de boulangerie et des échoppes de marché où les travailleurs venaient chercher, dès le XIXᵉ siècle, de quoi manger vite, pour pas grand-chose, sans quitter leur journée. Les recettes sont nées de l’économie domestique : on recycle le riz de la veille, on étale une pâte à pain avec un filet d’huile, on plie une galette autour de ce qu’on a sous la main.
Cette philosophie du « fatto al momento » — fait minute, devant le client — est toujours au cœur de la street food italienne. Une piadina se cuit en trois minutes sur sa plaque, une focaccia sort du four par grandes plaques qu’on découpe à la demande, un panino se garnit sous vos yeux. Rien n’attend sous une lampe chauffante pendant des heures : on prépare, on tend, on mange.
Surtout, il n’existe pas une street food italienne, mais des dizaines. Chaque région, parfois chaque ville, défend ses propres spécialités avec une fierté farouche. C’est ce qui rend le sujet si passionnant pour une pause déjeuner : au lieu de commander toujours la même chose, on peut voyager de la Sicile à la Romagne sans quitter sa demi-heure de pause.