Commençons par lever le malentendu le plus tenace. En italien, un sandwich se dit un panino. Le pluriel, quand vous en voulez deux, devient deux panini. C'est aussi simple que « un ravioli, des ravioli » ou « un spaghetto, des spaghetti ». Le mot que la France emploie au singulier, « un panini », est donc grammaticalement un pluriel — une petite trahison linguistique qui en dit long sur la façon dont le produit a été importé et transformé.
Cette confusion n'est pas qu'une histoire de grammaire. Dans les années 1980, le « panini » débarque dans les brasseries et les snacks français sous une forme très éloignée de son modèle : un pain de mie plat, quadrillé par une machine à griller, garni le plus souvent de jambon-fromage ou de trois fromages. Le nom italien reste, mais l'âme du produit, elle, s'est perdue en route. Résultat : pour beaucoup, « panini » évoque d'abord un en-cas standardisé, chaud et un peu sec, plutôt qu'une spécialité italienne raffinée.
Le vrai panino, lui, est un pilier de la culture street food italienne, aussi sérieux qu'une pizza napolitaine. On le prépare avec le même soin : un choix précis de pain, des produits de saison, un montage réfléchi. Comprendre cette différence de vocabulaire, c'est déjà faire le premier pas vers le meilleur panini italien à Aix-en-Provence — celui qui mérite vraiment son nom.